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Diagnostique écologique

Commune de Brévile sur mer

Diagnostic Ecologique et Propositions de Gestion sur l’Ensemble Dunaire de Bréville sur mer

Catherine Zambettakis
Centre Permanent d’Initiation à l’Environnement du Cotentin
Février 1995

1 Contexte et objectif de l’étude

 

La commune de Bréville présente une façade littorale de 2,5 km occupée par un massif dunaire, dont la largeur varie de 1000 à 600 mètres.

L'ensemble de cet espace situé juste au nord de l’agglomération granvillaise, attire nombre de projets tant en matière de sports et loisirs qu'en matière de développement économique. Or, ce site dunaire encore peu dégradé recèle un intérêt patrimonial naturel élevé. Il est inscrit dans l’inventaire ZNIEFF (Zone Naturelle d'Intérêt Ecologique Faunistique et floristique) de France.

Les milieux littoraux représentent, de manière générale, des espaces qui nécessitent vigilance et réflexion en terme d’aménagement: par définition peu étendus au regard du reste des espaces terrestres, ils sont un lieu d’échange entre les milieux marins et continentaux, et de ce fait possèdent de remarquables richesses et originalités biologiques.

C’est à ce titre que ces habitats sont cités dans la directive 92/43 de la CEE dite “directive habitat”, dont l’objectif est de préserver et de gérer l’ensemble des sites rares et originaux du territoire européen. On observe que dans cette directive, I’ensemble des types de milieux dunaires sont cités et, sous forme d’habitat prioritaire , I’ensemble des pelouses fixées des dunes. Corrélativement, on petit noter qu’en Basse-Normandie, environ 25 % des espèces végétales protégées, tant au niveau national que régional, sont des espèces littorales.

 L’objectif de cette étude est, dans ce contexte, de fournir les éléments scientifiques nécessaires pour aboutir à une proposition globale d’aménagement et de gestion qui prennent en compte le maintien du patrimoine écologique et paysager du site tout en permettant la mise en place ou Ie maintien d’activités économiques ou de loisirs. 

2 Méthodologie et déroulement


II s’agit d’aboutir au terme de cette étude, à une présentation cartographique des différents habitats implantés dans l’ensemble du massif dunaire de Bréville.

Ces habitats sont définis de manière précise par l’ensemble des espèces botaniques qui les constituent. Ainsi, un groupement végétal ou une communauté végétale définit parfaitement un milieu: la flore naturelle installée sur un lieu donné intègre en effet de manière optimale l’ensemble des conditions de vie (écologie) du lieu.

A partir de cette cartographie scientifique, il est possible de cerner les secteurs à fort intérêt patrimonial, ceux qui jouent un rôle tampon de protection et enfin ceux qui se caractérisent uniquement par une flore et une faune beaucoup plus banales.

Cependant un problème important se pose en regard de cette méthode, la liste des espèces botaniques devant être la plus exhaustive possible, les relevés de végétation doivent être effectués dans les périodes optimales de floraison (mai à juillet pour ce type de milieu).

Divers impératifs imposent qu’une première étape de réflexion soit menée avant le printemps. Or, à cette saison, l’ensemble des espèces floristiques n’est pas identifiable, et de plus, cette année, les niveaux d’eau très élevés empêchent toute reconnaissance, même très sommaire, des types de végétation des zone humides.

L’utilisation de données antérieurs retransmises par la DIREN, au titre de l'inventaire ZNIEFF et une prospection systématique du terrain en février permettent cependant d’atteindre un certain niveau d’analyse.

Une typologie précise des communautés végétales ne peut être obtenue, puisque nous ne disposons pas de données floristiques localisées, cependant une localisation des potentialités écologiques des milieux et une typologie sommaire peuvent permettre une première localisation des espaces à intérêt patrimonial potentiel.

Nous aboutissons donc à un résultat en terme de potentialités, c’est à dire en terme de possibilité d’accueil d'espèces protégées ou d’habitat d’intérêt patrimonial.

En effet, si certaines espèces comme Ie saule rampant des dunes (Salix repelis sps arenaria = S. repens ssp argentea ) reste bien visible toute l’année, d'autres espèces, beaucoup plus discrètes, au cycle de vie très court (quelques mois), ne peuvent être rencontrées sans une étude fouillée et ciblée au bon moment. 

3 Résultats: 
3,1 Présentation de la typologie utilisée pour l’élaboration de la carte:

  *           Zones à végétation remaniée, remblai  

Nous avons regroupé sous ce titre l’ensemble des végétations très éloignées des communautés végétales originelles des dunes qui résultent le plus souvent d’apport extérieur de terre ou de déchets divers. Nous avons cartographié sous cette même légende l’ensemble des départs et greens du golf, qui importent une végétation de gazon, étrangère à la pelouse dunaire.

Certains aménagements anciens, comme les remblais en bordure du stand de tir, présentent une végétation assez mixte où les espèces communes des remblais côtoient à présent des espèces littorales peu exigeantes.

Ce type de végétation à été reconnu en hiver par la présence abondante du Dactyle aggloméré Dactylis glomerata, de chardons (Carduus sp, Eryngiurn campestre, Cirsium sp). Les données bibliographiques confirment la présence de ces communautés végétales.

  *           Dune vive:  

Les habitats les plus exposés aux contraintes littorales (vents, apports salins par les embruns, transport de sable) forment la première dune située juste après le haut de plage, que I’on nomme Ie cordon dunaire. La végétation est constituée d’espèces très adaptées, dont la présence est strictement liée aux conditions écologiques du cordon dunaire et qui disparaissent totalement quelques dizaines de mètres à l’intérieur de la dune. Citons l’oyat Ammophila arenaria, le liseron des sables Calystegia soldanella, le chiendent des dunes Agropyrum junceiforme, le panicault des sables Eryngiurn maritimum....

D’autres espèces caractéristiques figurent sur les listes antérieures, en particulier deux espèces protégées au niveau national le chou marin Crambe maritima et l’élyme des sables Elymus arenarius, espèces non revues cet hiver qui, peut-être, ont été malmenées, voire ont disparu du site, suite à l’érosion importante du cordon dunaire. Ce sont en effet des espèces caractéristiques des dunes embryonnaires (dunes en formation sur le haut de plage). Elles restent cependant potentielles sur les dunes de Bréville, puisque ces espèces présentent des populations fugaces si sporadiques au nord (Crambe, Elymus ) et au sud (Ely­mus).

Ce cordon dunaire, très érodé côté plage, subit également importants remaniements liés à la surfréquentation du site, en particulier dans la partie située en bordure du golf 18 trous, entre les deux accès à la plage (D 135, D236). Si une certaine érosion cyclique et contrôlée du cordon dunaire est favorable au maintien de la dynamique végétale et donc de la diversité, l’installation d’importants siffle­vent (couloir qui traverse le cordon dunaire et est orienté dans Ie sens du vent) génère une dégradation continuelle du site: le cordon dunaire ne joue plus son rôle de protection des terres.

  *           Pelouses dunaires :  

Sous ce terme, nous regroupons I’ensemble des végétations rases de la dune. Elles sont constituées d’un véritable tapis très ras (quelques centimètres de hauteur), dense et serré, où la diversité en espèces floristiques s’accroît notablement (plusieurs dizaines d’espèces par décimètre carré) ; les plantes naines agrémentent alors de multiples couleurs le déroulement des saisons’. On peut distinguer deux grands types de pelouses:

-           les pelouses de “dunes grises” (apparentées au Galio-Koelerion albescentis) , où les graminées et autres monocotylédones dominent physionomiquement le couvert végétal.

-           les pelouses de “dunes noires” (proches du Tortulo-Phleetum) sont physionomiquement marquées par l’abondance des mousses comme les barbules Tortula ruraliformis et de petites fleurs annuelles dont certaines étaient déjà en fleurs lors de nos visites : cardamine hirsute Cardamine hirsuta, drave printanière Erophila verna , mibore printanière Mibora minima . Ce type de communauté végétale occupe le plus souvent les pentes des dunes exposées au sud et sud-ouest, où les conditions de variations de température et de sécheresse sont maximales.

Sur cet ensemble de dunes, on à pu reconnaître également certaines espèces comme l’orpin des dunes Sédum acre , le thym serpolet Thymus druide , le silène conique Silena conica , la piloselle Hieracium pilosellla, la porcelle Hypochaeris radicata , le séneçon Senecio vulgaris , les ails Allium sp.pl, la fléole des sables Phleum arenariwn , le lotier corniculé Lotus corniculatus , la Bugrane Ononis repens , le petit chiendent Cynodon dactylon , la laiche des sables Carex arenaria , les fétuques dont Festuca jonceifolia , le géranium découpé Geranium dissectum , le myosotis rameux Myosotis ramosissima, la mâche carénéé Valerianella carinata , etc.

De nombreuses rosettes de feuilles d’orchidées sont également visibles mais indéterminables à pareille saison!

Dans le tableau ci-dessous, nous énumérons les espèces des listes antérieures pouvant appartenir à ce type de groupement et qui, bien que ne possédant pas un statut de protection national ou régional actuellement, sont mentionnées dans l’atlas 1993 du M. Provost, parmi les espèces rares ou dont les effectifs sont en forte régression.

Nom

Commentaire

Bupleurum baldense
Buplèvre

Rare en Basse-Normandie

Centaurea aspera
Centaurée rude

Très rare en Basse-Normandie

Scilla autômnalis

Scille d’automne

Population déclinante spécifique des dunes

Allium sphaerocephalon
Ail à tête ronde

Localisée aux espaces dunaires du sud Manche

 Carex nitida

Rare

Hornungia petraea

Hutchinisie

Rare, localisée sur le littoral de la Manche

Colchicum automnale
 Colchique d’automne

Rare dans la Manche

Ophrys apifèra ophrys abeille

Spécifique des terrains calcaires dans la Manche

Ophrys sphegodes

Ophrys araignée

Spécifique des terrains calcaires, en raréfaction

Silene conica
Silène conique

Très localisée au littoral

Spiranthes spiralis
Spiranthe d’automne

Orchidée en grande raréfaction

    *           Prairie dunaire  

0n quitte ici la pelouse rase pour une végétation plus haute, fortement dominée par les graminées.

Le sol est plus évolué, légèrement enrichi en humus et si le sable reste l’élément caractéristique de la texture, la structure agglomérée du sol est mieux aérée.

Le type de prairie répertorié ici recouvre un ensemble diversifié de différents sous types non cartographiables à cette saison, mais que l’on peut présenter à partir des espèces dominantes qui demeurent identifiables et à l’aide des listes floristiques antérieures déjà présentées ci-avant:

=> prairie dunaire proche de la pelouse dunaire, dans laquelle les espèces du Koelerion sont encore nombreuses.

=> prairie dunaire banalisée où des espèces des prairies banales forment des faciès comme le dactyle aggloméra Dactylis glomerala, le raygrass des Anglais Lolium perenne , divers chardons Carduus nutans, Cirsium arvense , ... le réséda Reseda lutea , etc.

=> prairie mésohygrophile et hygrophile : ce sont des prairies un peu humides à humides qui s’individualisent facilement dans le paysage en hiver puisqu’elles sont alors inondées. C’est le sous-type qui devrait présenter le plus d’intérêt patrimonial élevé. Certaines parties de ces prairies proches des points ou de cours d’eau quasi permanents sont envahies par de grandes espèces des milieux aquatiques riches en matière organique comme l’ortie brûlante Urtica diolca , l’eupatoire chanvrine Eupatoriuin cannabinum, la grande lysimache Lysimachia vulgaris , etc.

A ces types de prairies, situées en majorité dans la partie sud du massif dunaire de Bréville, on peut également rattacher une liste d’espèces d’intérêt patrimonial à partir des dernières listes floristiques enregistrées pour l’inventaire ZNIEFF.

Nom

Commentaire

Gentianella amarella

Gentiane amère

Espèce protégée * au niveau national

Teucrium scordium scordioïdes
La germandrée des marais

Espèce protégée * au niveau régional

Eleocharis quinqueflora

Espèce protégée * au niveau régional

Hippurus vulgaris

La pesse d’eau

Espèce protégée * au niveau régional

Orchis morio

orchis bouffon

Prairie calcicole en grande raréfaction

Orchis laxiflora
orchis à fleurs lâches

Prairie hygrophile en raréfaction

Ophioglossum vulgatum
Ophioglosse

Population en très grand déclin

Oenanthe fistulosa 

Oenanthe fistuleuse

Espèce hygrophile ayant beaucoup régressé

Oenanthe lachenalii

Oenanthe de Lachenal

Espèce hygrophile spécifique du littoral

Orchis xalata

Hybride très rare

Erysimum cheiranthoides
Velar fausse giroflée

très rare

*           la liste des espèces protégées de la région Basse-Normandie est en cours d’instruction au ministère de l’Environnement

  *           Panne dunaire  

On dénomme ainsi l’ensemble des creux humides que l’on rencontre dans les systèmes dunaires littoraux. Ce type d’habitat se différencie des prairies humides du paragraphe précédent par plusieurs aspects:

=> une topographie marquée et bien délimitée de cuvette. Celle-ci peut être de quelques mètres carrés ou de plusieurs ares.

=> Physionomiquement, la végétation n’est pas une prairie car elle accueille non seulement des herbacées, mais également des sous arbrisseaux, voire des arbustes comme le saule rampant des dunes Salir repens argentea . La molinie bleue Molinea coerulea forme souvent des touffes hautes appelées touradons tout à fait caractéristiques

=> L’eau est présente au moins tout le long des saisons pluvieuses parfois au-delà.

D’un point de vue écologique, le sol est également très spécifique car il s’apparente au sol tourbeux:

par accumulation de la matière végétale morte dans l’eau, s’enclenche un phénomène de tourbification, sur quelques centimètres de surface de sol. L’eau est à ce niveau toujours présente. Ce sol “tourbeux”, spécifique, induit la présence d’une flore également spécifique et ceci à un double titre: le sol tourbeux et la localisation littorale.

En février, la cartographie de ce type de milieu fut relativement facilitée par la présence quasi systématique de plusieurs espèces bien identifiables tout au long de l’année pour un oeil averti : le saule rampant des dunes Salix repens argentea , la molinie bleue Molinia coerulea, le schoin noirâtre Schoenus nigricans , et parfois le jonc marin Juncus maritimus.

Suivant leur taille et la qualité de l’environnement immédiat, les pannes dunaires peuvent être de niveau patrimonial variable. Certaines, très réduites, sont limitées à quelques pieds de saules, mais lorsqu’elles sont plusieurs accolées ou qu’elles représentent une vaste surface largement humide toute l’année, la diversité spécifique s’accroît.

Plusieurs espèces d’intérêt patrimonial peuvent à nouveau s’installer ici, certaines étant déjà citées dans les prairies humides.

Nom

Commentaire

Salix repens ssp argentea

Le saule rampant des dunes

Espèce protégée au niveau national

Spiranthes aestivalis

Le spiranthe d’été

Espèce protégée au niveau national

Teucrium scordium scordioïdes

La germandrée des marais

Espèce protégée au niveau régional

Hippurus vulgaris

La pesse d’eau

Espèce protégée au niveau régional

Eleocharis quinqueflora

Espèce protégée au niveau régional

Epipactis palustris

L’épipactis des marais

Orchidée en forte raréfaction

Oenanthe fistulosa

L’oenanthe fistuleuse

Espèce hygrophile ayant beaucoup régressé

Hypericum elodes

Le millepertuis aquatique

Hydrophyte acidiphile, en régression

D’autres espèces des milieux tourbeux sont également à placer dans ce type de végétation comme le mouron délicat Anagallis tenella , le cirse des Anglais Cirsium dissectum ,...

L’ensemble des milieux humides situés au sud des dunes de Bréville, à l’est et au nord de l’hippodrome, évolue en bordure des cours d’eau, dans les parties les plus aquatiques vers des végétations de roselière et bois de saules Salix atrocinerea . Les grandes hélophytes sciaphiles ou héliophiles trouvent ici leur place:

le roseau phragmite Phragmites australis , les épilobes, prêles, graminées aquatiques, etc.

Ce type d’habitat est en particulier très favorable à la faune, constituant un véritable “gîte d’étape” lors des périodes de migration pour de très nombreux passereaux.

3.2 Les autres aspects du patrimoine naturel des dunes de Bréville

Si la typologie des communautés végétales apporte déjà une bonne idée de l’intérêt patrimonial du site, on peut ajouter les données acquises sur la faune, par le Groupe Ornithologique Normand.

Une note, datant d’août 1990, porte sur des recensements de lépidoptères (papillons) et d’oiseaux elle permet de confirmer l’intérêt de l’ensemble des biotopes littoraux de Bréville:

- Pour les lépidoptères, sont dénombrées 104 espèces, ce qui représente à peu près 1/5ème de la faune du département”, parmi lesquels “29 espèces sont rares, très rares ou très localisées”.

- En ce qui concerne l’avifaune nicheuse, on note que le site “est bien connu des ornithologues normands, pour sa richesse et son originalité”. En dehors des espèces de canards et de limicoles attirés par les plans d’eau d’hiver, “quatre espèces suffisent à attester le grand intérêt du milieu: la rousserolle verderolle, la pie grièche écorcheur et la huppe fasciée, espèces en régression importante ou très localisées en Normandie”, ainsi que “le rossignol philomèle, très rare migrateur dans le département de la Manche”.

La faune met en évidence les aspects de complémentarité qui existent entre les différents habitats que nous avons identifiés précédemment ; milieux humides et pelouses dunaires sèches forment un ensemble cohérent où l’animal trouve, d’une part, refuge et calme pour son repos et sa reproduction, mais également sur d’autres secteurs, sa nourriture (insectes).

Pour conserver toute sa richesse à l’écosystème complexe du littoral de Bréville, il est important de maintenir et gérer des espaces naturels suffisamment vastes et riches en biotopes diversifiés.

4 Quelques propositions globales de gestion

La gestion d’un milieu naturel à pour objectif primordial de maintenir, voire de restaurer la biodiversité floristique et faunistique du site considéré. Cela induit notamment le maintien du paysage et de sa diversité. Corrélativement, il est nécessaire d’envisager une ouverture informative et attrayante auprès du public, afin que le site ne reste pas le domaine choisi de quelques initiés, mais contribue également à un apport culturel, sensoriel auprès du plus grand nombre, ceci sans dérangement de la flore et de la faune.

4.1  Quelques propositions en matière de conservation du patrimoine naturel sur les sites déjà aménagés (golf, hippodrome, périphérie de construction):

* Les plantations devraient favoriser l’introduction d’espèces arbustives inféodées aux dunes comme le troène (Ligustrum vulgare), le magnifique ajonc d’Europe (Ulex europeus) qui colore le paysage de ses fleurs jaunes de novembre à avril, l’argousier (Hippophae rhamnoïdes).

*Sur les greens et fairways du golf: Une utilisation minimale de produits phytosanitaires (cela en période de calme climatique devrait être recommandée ainsi qu’une limitation maximale des zones engazonnées aux seuls greens. Sur les fairways, la pelouse dunaire forme un tapis tout aussi efficace que le gazon et adaptée aux sols ; de plus, elle n’exige aucun apport d’eau.

* L’activité du golf reste compatible avec le maintien de la flore dunaire des végétations de pelouses rases, voire la favorise: les Anglais pratiquent ainsi la tonte régulière de certains secteurs dunaires afin de restaurer la pelouse dunaire.

( Cependant, les autres secteurs en prairie dunaire (les rough) pourraient bénéficier également d’un entretien, beaucoup plus espacé (environ tous les 5 ans) qui consisterait en une fauche, accompagnée obligatoirement d’une exportation du foin. Cette fauche serait réalisée alternativement sur différents secteurs afin d’éviter toute homogénéisation de l’ensemble du milieu ; cette pratique permettrait de régénérer régulièrement les prairies dunaires, qui bénéficiaient autrefois d’un entretien régulier par pâturage, évitant ainsi une évolution vers des prairies banales, que génère leur total abandon actuel.

L’activité du golf présente un certain dérangement pour la faune ; son étendue doit donc être contenue.

4.2 Sur les secteurs actuellement non exploités:

* La dégradation importante du littoral situé entre la D 236 et la D 135 nécessite la création de cheminements tracés (caillebottis, ou matériau synthétique) qui canalisent ainsi la fréquentation. Reste le problème des chevaux qui génèrent certainement les plus importants dégâts sur ce secteur. Là, un travail d’information et de concertation avec les utilisateurs est à envisager.

* limiter les divers dépôts de déchets organiques: ces dépôts enrichissent le sol naturellement pauvre de la dune, et favorisent l’implantation de toute une flore assez banale qui altère le couvert végétal originel.

* La gestion des prairies dunaires, en particulier les plus humides, nécessite le maintien d’une agriculture extensive (pâture, fauche). Tout abandon de ces pratiques actuelles laisserait le milieu évoluer vers des végétations plus fermées et moins diversifiées.

* La gestion des pannes humides dans un objectif de maintien de la biodiversité nécessiterait à moyen terme de trouver un mode d’entretien léger. Il s’agit de prélever, de temps à autre, la biômasse produite et accumulée, afin de prévenir l’assèchement et la transformation de ces milieux en fourrés banals. Les actes de gestion qui conviennent sont le faucardage partiel et échelonné dans le temps ou encore un pâturage très extensif dans les secteurs où cela est possible.

5 Conclusion

La cartographie des grands types de végétation du système dunaire de Bréville sur mer, permet de cerner en terme de potentialités l’intérêt patrimonial du site.

Une étude lors des périodes de floraison doit être envisagée afin de permettre une évaluation plus précise. Les objectifs de gestion pourront alors être élaborés et aboutir à des propositions plus précises en terme d’aménagement et de maintien de la biodiversité des secteurs les plus intéressants.

En matière d’aménagement de l’espace, il est important de garder à l’esprit qu’un écosystème ne peut correctement fonctionner et garder son niveau d’intérêt que s’il recouvre une surface suffisamment étendue, continue et diversifiée.

Calystegia_soldanella1.jpeg

Le liseron des dunes

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